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Les organisations féminines de la communauté juive montréalaise, 1918-1948

SARAH FILOTAS (M.A, Université de Montréal, 1998-1999)

Ce mémoire analyse le rôle joué par les femmes dans la communauté juive montréalaise entre les années 1918 et 1948. Leur apport à une vie communautaire, par ailleurs riche et bouillonnante, est rarement mentionné par les historiens.

Les femmes ont pourtant réussi à y occuper une niche propre, typiquement féminine, au sein d'organisations autonomes. Le National Council of Jewish Women (NCJW), Hadassah et la Pioneer Women's Organization (PWO), trois de ces organisations, sont examinées ici pour vérifier cette assertion.

Toutes trois évoluent dans des milieux socio-culturels particuliers, reflétant l'hétérogénéité de la communauté. Le NCJW est né d'une élite ancrée dans le contexte montréalais. Hadassah et la PWO défendent les idéaux du sionisme politique.

Cependant, les femmes de Hadassah sont liées à une élite favorisant un modèle féminin davantage traditionnel, alors que celles de la PWO, d'immigration plus récente, sont rattachées au mouvement sioniste ouvrier yiddishisant.

Dans le premier chapitre, nous présentons les origines américaines des trois organisations et les situons dans l'historiographie du Canada et des États-Unis.

Le second chapitre, traitant des années 1918 à 1933, met en parallèle les modèles féminins qu'elles incarnent et les branches de la communauté et du judaïsme dont elles se réclament, pour observer comment, dans chacun des cas, ces deux éléments se conjuguent.On voit comment, à leur manière, elles représentent un rôle féminin convenable pour leur communauté comme pour la société canadienne.

Dans les troisième (1933 à 1945) et quatrième (1945 à 1948) chapitres, nous observons comment elles deviennent des partenaires importants des efforts entrepris par la communauté juive pour porter secours aux leurs, au Canada et à l'étranger.

Nous analysons également leurs réactions respectives à la création de l'État d'Israël, indice d'un certain consensus. L'examen des articles du Canadian Jewish Chronicle, présenté en complément à chacun des trois derniers chapitres, offre une indication de l'écho que trouvent les activités des femmes dans la communauté.

Nous soutenons donc que les trois organisations offrent aux femmes juives montréalaises des moyens efficaces, mais aussi respectables et
« féminins », de prendre part activement aux affaires de leur communauté.

Les projets qu'elles proposent réfèrent d'abord au rôle domestique des femmes, même chez la PWO qui aspire à la création d'une société égalitariste. Ces projets demeurent acceptables tant aux yeux de la communauté que de la société canadienne. En même temps, elles font la preuve de leur attachement au judaïsme et de leur préoccupation pour sa survie, d'une façon qu'elles veulent éclairée, rendant ainsi possible l'équation entre "bonnes juives" et « bonnes canadiennes ».

Afin de communiquer avec l'auteure de ce mémoire, veuillez communiquer avec le Département d'histoire de l'Université de Montréal.

 



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