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Les accidents impliquant des enfants et l'évolution de l'attitude envers l'enfance à Montréal, 1900-1945

CATHERINE COURNOYER (M.A., Université de Montréal, 1998-1999)

Ce mémoire a pour objet de cerner l'évolution dans l'attitude des parents et de la société envers l'enfance entre les années 1900 et 1945 au moyen d'une analyse des accidents mortels, domestiques et hors-foyers, impliquant des enfants durant cette période.

Plus précisément, nous tentons d'y établir quels étaient alors les paramètres de la responsabilité parentale à travers l'étude de la supervision accordée aux enfants et de l'espace qui leur était réservé dans la famille et dans la société.

Nous soutenons l'hypothèse que l'enfant ne faisait pas l'objet d'une attention soutenue à l'époque. Il se trouvait en marge des faits et gestes quotidiens de ses proches et ne bénéficiait pas d'une place propre, c'est-à-dire d'un d'espace désigné et aménagé pour répondre à sa condition d'enfant.

En premier lieu, nous présentons le contexte montréalais et nous offrons un bilan de l'historiographie de l'enfance où nous montrons que notre sujet n'a jamais vraiment été abordé jusqu'à ce jour. De même, nous soutenons qu'une bonne connaissance de la méthodologie et des conclusions des historiens de la famille, des femmes et même des hommes peuvent nous aider dans l'étude de l'histoire de l'enfance.

Dans le premier chapitre, nous abordons la problématique de notre mémoire en nous penchant sur la sécurité physique des enfants. Nous présentons un portrait détaillé des causes, des circonstances et des victimes des accidents mortels impliquant des enfants qui sont survenus à la maison et au-dehors, dans la ville, entre 1900 et 1945.

Ainsi, nous établissons quels étaient les dangers dont les enfants devaient être protégés pour ensuite déterminer comment l'espace de l'enfance s'est modifié en réaction à l'évolution de ces accidents mortels. En effet, nous définissons dans le deuxième chapitre le degré de supervision accordée à l'enfant pour établir que celle-ci s'inscrivait dans un esprit de laisser-faire forcé par les modestes conditions de vie des familles et par le peu de temps à la disponibilité des mères.

Au cours du dernier chapitre, nous faisons le bilan de la lutte entreprise par les parents des classes ouvrière et moyenne de la Métropole contre la transformation de leur cadre de vie, ce dernier devenant de plus en plus dangereux pour leurs enfants.

Nous opposons cette indignation face aux accidents de la circulation au fatalisme qui persiste à l'intérieur du foyer pour démontrer que la sacralisation de l'enfance survenue, soi-disant, à la fin du dix-neuvième siècle n'est en fait que l'expression de la rage et de la colère des parents qui perdaient leurs enfants aux mains des nouveaux moyens de transport, ceux-ci bouleversant sévèrement leur cadre de vie.

De même, nous démystifions le sentimentalisme des réformistes des mouvements préoccupés par la sécurité physique des enfants en levant le voile sur leurs réels objectifs: isoler les enfants du monde adulte afin de les façonner à l'image de l'ordre en place, d'en faire de parfaits petits citoyens, la nation de demain.

Afin de communiquer avec l'auteure de ce mémoire, veuillez communiquer avec le Département d'histoire de l'Université de Montréal.

 



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